ball-yellow.gif (326 octets) I   n    t   r   o   d   u   c    t   i   o   n     .   .   .   .   .   .    .   .   .   .   .   .    .   .   .   .  
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Godzilla !

Aujourd’hui
, quand on évoque le cinéma japonais, quelques noms reviennent fréquemment . Citons en premier ceux de trois grands réalisateurs mondialement connus : Akira Kurosawa., Yasujiro Ozu et Kenji Mizoguchi

Ces cinéastes exceptionnels ont réalisés quelques " petites merveilles " que l’on range volontiers maintenant parmi les plus grands films du cinéma mondial :

  • Rashomon ", en 1950, de Kurosawa
  • La vie d’Oharu " en 1952 de Mizoguchi
  • Les sept samouraï " en 1952 de Kurosawa
  • Voyage à Tokyo " en 1953 de Ozu
  • Les contes de la lune vague après la pluie" en 1953 de Mizoguchi
  • Les amants crucifiés " en 1955 de Mizoguchi
  • Le goût du saké " en 1962 de Ozu
  • Kagemusha ou l’ombre du guerrier " en 1980 de Kurosawa

Ces énumérations seraient incomplètes si on ne mentionnait pas un quatrième nom. Celui d’un monstre né en 1954 et qui a terrifié les salles de cinéma du monde entier : " Godzilla ". Il s’agit d’une créature préhistorique du type tyrannosaure qu’une explosion nucléaire vient de réveiller. Surgissant du fond du pacifique il va tout détruire sur terre du haut de ses 120 mètres. Il a une force colossale, un souffle dévastateur et un cri effrayant !. Les balles et autres bombes ne peuvent en venir à bout. Quel programme ! Si aujourd’hui, les films d’Inoshiro Honda, le " papa " de Godzilla, se dégustent avec du pop-corn, des sourires et quelques bâillements, hier, dans les salles japonaises, puis du monde entier, on entendait les cris des spectateurs effrayés (je me compte dedans) ! L’habitude des effets spéciaux actuels ne laisse plus aucune chance aux ambiances " maisons en carton  écrabouillées par un grosse marionnette ". Autrefois la peur était réelle. D’emblée on retrouve symboliquement toutes les grandes terreurs japonaises : le nucléaire, les typhons et les tremblements de terre. Inoshiro Honda réalisa une quinzaine de films en confrontant son redoutable " reptile " (ou ses congénères) à toutes sortes d’autres menaces : monstres volants, extra-terrestres, robots, mutants… et même King Kong !
 Comme beaucoup d’autres grandes nations, l’histoire du cinéma japonais remonte aux toutes premières années du 20ème siècle.

 

ball-yellow.gif (326 octets) L   e   s        p   r   e   m    i   e   r   s        t   e   m   p    s  .   .    .   .   .   .   .   .    .   . 
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Les débuts du cinéma au Japon sont traditionnellement associés à la projection d’un petit film " Vitascope " de Thomas Edison sur la ville de Kobe en 1896. La première caméra des frères Lumière fut importée en 1897. Comme dans d’autres pays, les premières réalisations concerneront principalement des scènes urbaines ou des sites connus.

Mais très vite, le cinéma japonais va mettre en place les éléments qui constitueront sa spécificité.

Ce sont surtout vers les manifestations les populaires au japon que le cinématographe pointera son objectif : les danse des geisha, le théâtre No  et le théâtre Kabuki où, traditionnellement les rôles féminins sont tenus par des hommes travestis : les  annagata 

Pendant le conflit mondial de 14-18, les films américains arrivent peu à peu dans les salles japonaises Aux USA, le langage cinématographique a évolué rapidement. En revanche, au japon, il faut attendre les années 19 - 20 pour voir dans les films des avancées techniques. Les films sont alors composés de scènes statiques " théâtrales " avec des personnages cadrés constamment de la tête aux pieds.

Jusqu’à l’avènement du parlant en 1931 les narrateurs des films, les " benshi ", sont parfois plus célèbres que les acteurs. Comme un acteur, ils lisent les intertitres et ils commentent les scènes projetés à l’écran.

Les premiers studios apparaissent dès1904 à Tokyo et Kyoto. Dix après deux grandes compagnies domineront le marché de la diffusion et de l’importation : les sociétés " Nikkatsu " et " Tenkatsu ". Dans les années 19 – 20 deux grandes nouvelles compagnies, la " Taikatsu " et la " Shochiku ", sont créées sur le modèle américain. De nouvelles méthodes apparaissent tant dans la gestion des activités humaines que dans la conception et la réalisation des films. On commence à engager des femmes pour tenir des rôles féminines, à former des acteurs, à établir des contrats avec les personnels, à utiliser les techniques du montage pratiquées en occident, etc. L’influence américaine, mais aussi européenne, se retrouvera dans les genres : grandes adaptations littéraires, mélodrames, comédies, vie familiale, etc.

En 1923, un énorme tremblement de terre va détruire la jeune et florissante industrie nippone. Des centaines de films muets disparaissent dans les incendies.. La production fut interrompue et les importations américaines remplacèrent massivement les réalisations japonaises. Peu à peu la machine industrielle fut relancée. Parmi les cinéastes du moment on retrouve déjà Mizoguchi et Ozu..

Tout au long des années 20 et 30 le cinéma japonais va se moderniser mais la grande popularité des benshi retardera l’exploitation du cinéma parlant. Le public était fortement attaché à cette spécificité japonaise. En 1931, Heinosuke Gosho réalisa, le premier film parlant  - " Mon amie et mon épouse " - et en quelques années le benshi disparut.

De nouveaux genres apparaissent comme les comédies musicales inspirées des productions américaines et surtout les films engagés dans la critique sociale. La vie quotidienne du " petit " peuple est traité avec un réalisme plus poussé qu’en occident En 1936 l’industrie japonaise compte 5 grandes compagnies : " Shochiku ", " Nikkatsu ", " Toa ", " Teikine " et la toute nouvelle " Toho ".

Dans les années 30 le Japon entre peu à peu dans une ère militariste et guerrière qui s’achèvera en 1945 avec la sanction nucléaire d’Hiroshima (invasion de la Mandchourie en 1931 ; conflit avec la Chine en 1937). Rapidement les gouvernants vont s’impliquer de plus en plus dans les orientations thématiques du cinéma. Un nouveau genre va naître, le film de guerre. A partir 1940, le cinéma est " enrôlé " dans la machine militariste. L’armée contrôle totalement la chaîne industrielle du cinéma : choix des scénarios, production, diffusion, acteurs, etc. Les réalisateurs sont sollicités pour lutter contre l’ennemi. Certains collaborent d’emblée, avec parfois une grande conviction ; d’autres plus réticents, et afin d’échapper aux interdictions, contournent les demandes des militaires en réalisant des films historiques.

Kurosawa débute dans un tel contexte en 1943 avec un film au service de la cause nationale " La légende du grand Judo ". Mizoguchi pour sa part, évitera un tel idéologique tout long des années de dictature militaire et pendant la guerre mondiale.

Après la guerre, l’occupant américain va détruire une grande partie des films de " propagande ". Les œuvres militaristes sont interdites et les réalisateurs cherchant à promouvoir la démocratie sont vivement soutenus. Malgré les dures années d’après guerre, l’industrie du cinéma japonais va rapidement retrouver son dynamisme et ses millions de spectateurs.